Dans l’architecture contemporaine, certains projets impressionnent par leur silhouette ; d’autres se distinguent par leur capacité à transformer un lieu sans lui faire perdre son identité. Le travail de Lucie Niney s’inscrit dans cette seconde approche. Architecte française et cofondatrice de l’agence NeM avec Thibault Marca, elle participe à des réalisations qui interrogent notre manière d’habiter, de préserver le patrimoine et de concevoir les espaces de demain.
Son nom est notamment associé à la transformation de la Bourse de Commerce de Paris en musée d’art contemporain, un projet ambitieux mené avec plusieurs architectes et spécialistes. Mais réduire son parcours à cette réalisation serait oublier la diversité des programmes auxquels son agence contribue : logements, équipements, espaces culturels et réhabilitation de bâtiments existants.
Née en 1982 à Paris, Lucie Niney a progressivement construit une identité professionnelle fondée sur l’attention portée aux usages, aux matériaux et à la mémoire des lieux. Son parcours permet de mieux comprendre les évolutions d’une architecture française qui cherche désormais à concilier création, responsabilité environnementale et qualité de vie.
Qui est Lucie Niney ?
Lucie Niney est une architecte française connue pour son travail au sein de NeM, également désignée sous le nom de Niney et Marca Architectes. Elle a fondé cette agence avec Thibault Marca, son associé, après leur formation en architecture.
Leur collaboration repose sur une ambition commune : concevoir des espaces adaptés à leurs usages, sans multiplier inutilement les effets formels. Cette recherche se traduit par une attention particulière à la matière, à la lumière, aux volumes et aux caractéristiques propres à chaque bâtiment.
L’activité de Lucie Niney ne se limite pas à la conception de constructions neuves. Son parcours comprend également des opérations de transformation, de rénovation et d’aménagement culturel, des domaines dans lesquels les contraintes techniques et patrimoniales imposent un dialogue constant entre l’ancien et le contemporain.
Cette diversité est essentielle pour comprendre son travail. Un logement, un siège d’organisation ou un musée ne répondent ni aux mêmes besoins ni aux mêmes exigences. L’enjeu consiste à trouver, pour chaque programme, une réponse architecturale cohérente avec son environnement.
Une formation tournée vers le projet architectural
Lucie Niney est diplômée de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette. C’est dans ce cadre qu’elle rencontre Thibault Marca, avec lequel elle développe une collaboration professionnelle appelée à prendre une place importante dans son parcours.
La formation en architecture ne consiste pas uniquement à apprendre à dessiner des bâtiments. Elle implique de comprendre les usages, la construction, les contraintes réglementaires, les matériaux et les relations entre un édifice et la ville. Ces dimensions se retrouvent dans les projets portés par l’agence NeM.
Le passage des études à la pratique professionnelle suppose aussi de savoir travailler avec des ingénieurs, des artisans, des maîtres d’ouvrage et d’autres architectes. Les projets culturels de grande ampleur illustrent particulièrement cette dimension collective du métier.

NeM Architectes : une agence fondée avec Thibault Marca
Créée en 2008, l’agence Niney et Marca Architectes, connue sous le nom de NeM, constitue le principal cadre professionnel du travail de Lucie Niney.
Installée à Paris, elle intervient sur des commandes publiques et privées. Son champ d’activité comprend notamment les logements individuels et collectifs, les programmes mixtes, les équipements culturels et les aménagements intérieurs.
Cette variété de projets permet d’explorer plusieurs échelles de conception. À l’échelle d’un intérieur, la question porte sur les circulations, la lumière et le confort. À celle d’un bâtiment, il faut également prendre en compte sa structure, sa performance et sa relation avec l’espace public. Dans un ensemble urbain, les enjeux concernent aussi les déplacements, la densité et la coexistence des usages.
Une architecture sobre, attentive aux matériaux
La démarche de NeM privilégie une expression architecturale mesurée, dans laquelle les matériaux et l’organisation des espaces occupent une place centrale. La sobriété ne signifie pas pour autant une absence de recherche esthétique. Elle consiste plutôt à éviter les interventions gratuites pour concentrer les moyens sur ce qui améliore réellement le lieu.
Cette approche prend une importance particulière dans les projets de réhabilitation. Un bâtiment existant possède déjà une structure, une histoire et des qualités parfois difficiles à reproduire. Avant de démolir ou de reconstruire, il convient donc d’évaluer ce qui peut être conservé, réparé ou transformé.
Le travail sur l’existant impose également une grande précision. Les dimensions réelles, l’état des structures, les contraintes de sécurité et les besoins des futurs occupants peuvent obliger à revoir les intentions initiales. L’architecture devient alors un exercice d’adaptation autant que de création.
La Bourse de Commerce : une réalisation emblématique
La transformation de la Bourse de Commerce de Paris en musée de la Collection Pinault représente l’une des réalisations les plus connues auxquelles Lucie Niney et NeM ont contribué.
Situé dans le premier arrondissement de Paris, cet édifice historique a connu plusieurs fonctions au fil du temps. Sa reconversion en lieu consacré à l’art contemporain devait répondre à une double exigence : préserver un patrimoine architectural remarquable et créer un équipement adapté à la présentation d’œuvres modernes.
Le projet a associé plusieurs intervenants, dont l’architecte japonais Tadao Ando, NeM et l’agence Pierre-Antoine Gatier, spécialiste du patrimoine. Il s’agit donc d’un travail collectif, et non d’une réalisation attribuable à une seule personne.
Comment transformer un monument sans effacer son histoire ?
La reconversion d’un bâtiment historique en musée ne consiste pas simplement à installer des œuvres dans des salles existantes. Elle suppose de résoudre plusieurs problèmes techniques et fonctionnels.
- La circulation des visiteurs : les parcours doivent être lisibles et permettre de découvrir les espaces dans de bonnes conditions.
- La lumière : l’éclairage doit valoriser l’architecture tout en répondant aux besoins spécifiques des œuvres exposées.
- Le climat intérieur : la conservation des collections impose de contrôler des paramètres environnementaux essentiels.
- L’acoustique : les espaces doivent rester agréables malgré les flux de visiteurs.
- La préservation patrimoniale : les interventions contemporaines doivent composer avec les éléments historiques protégés ou remarquables.
Le défi est de faire coexister plusieurs temporalités. L’édifice conserve les traces de son histoire, tandis que les nouveaux aménagements lui permettent d’accueillir une fonction culturelle contemporaine.
Cette réalisation illustre aussi l’importance du dialogue entre les métiers. Architectes, spécialistes du patrimoine, ingénieurs et autres concepteurs doivent coordonner leurs interventions pour aboutir à un ensemble cohérent.
Les autres projets qui éclairent son parcours
La Bourse de Commerce a contribué à rendre le nom de Lucie Niney plus visible auprès du grand public. Pourtant, l’activité de NeM dépasse largement ce chantier.
Le siège de WWF France au Pré-Saint-Gervais
En 2017, l’agence réalise le nouveau siège de WWF France au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis. Ce projet s’inscrit dans une réflexion sur la qualité environnementale des bâtiments et sur la manière dont un lieu de travail peut traduire les préoccupations de son occupant.
Un siège professionnel doit satisfaire des besoins quotidiens très concrets : confort, organisation des espaces, lumière et adaptation aux différentes activités. Lorsqu’une organisation engagée dans les questions environnementales occupe le bâtiment, la cohérence entre les intentions affichées et les choix de conception devient également un enjeu important.
Ce type de réalisation montre que l’architecture durable ne se résume pas à une apparence naturelle ou à l’ajout d’équipements techniques. Elle dépend aussi des matériaux, de l’utilisation des espaces et de la pertinence des solutions retenues.
Les projets culturels et les espaces de création
Les activités de NeM comprennent également des projets liés à la culture et à la création contemporaine. L’agence a notamment travaillé sur la Fondation Pernod Ricard à Paris, un lieu consacré à la création artistique actuelle.
Ces équipements possèdent des contraintes particulières. Ils doivent pouvoir accueillir des expositions, des événements et des publics variés, tout en laissant une certaine liberté aux artistes et aux équipes qui les utilisent.
L’architecture y joue un rôle discret mais déterminant : elle organise les déplacements, structure les espaces et crée les conditions nécessaires à la rencontre entre les œuvres et les visiteurs.
Les logements et les programmes mixtes
Le logement collectif et les programmes mêlant plusieurs fonctions font aussi partie du champ d’intervention de l’agence.
Dans ces projets, la réussite ne dépend pas uniquement de la qualité des façades. Elle se mesure également à la manière dont les habitants utilisent les espaces, à la qualité des circulations et à l’intégration du bâtiment dans son quartier.
Les programmes mixtes ajoutent une difficulté : faire cohabiter logements, activités, commerces ou équipements sans compromettre le confort des occupants. Ils exigent une réflexion sur les accès, les nuisances, les espaces communs et les relations avec la rue.
Cette diversité de commandes permet de comprendre une caractéristique importante du parcours de Lucie Niney : son travail ne se limite pas aux bâtiments prestigieux. Il concerne aussi des espaces ordinaires, dont la qualité influence directement la vie quotidienne.
Une reconnaissance professionnelle dès 2014
En 2014, NeM fait partie des lauréats des Albums des jeunes architectes et paysagistes, souvent désignés par le sigle AJAP. Cette distinction contribue à la visibilité de jeunes professionnels dont les démarches sont jugées remarquables dans leur domaine.
Pour une agence encore en développement, une telle reconnaissance peut faciliter l’accès à de nouvelles commandes et permettre de présenter son approche à un public professionnel plus large.
Deux ans plus tard, en 2016, Lucie Niney participe au commissariat du Pavillon français de la Biennale internationale d’architecture de Venise avec le collectif AJAP14 et d’autres collaborateurs. Cette expérience élargit son activité au-delà de la seule conception de bâtiments.
Le commissariat architectural permet de mettre en discussion des idées, des projets et des pratiques. Il contribue à rendre visibles des manières de construire ou d’aménager qui ne sont pas toujours représentées par les réalisations les plus spectaculaires.
Ces étapes témoignent d’une reconnaissance progressive dans le milieu architectural. Elles ne se substituent pas au travail de conception, mais elles participent à la diffusion des réflexions portées par une nouvelle génération d’architectes.
Quelle est la vision architecturale de Lucie Niney ?
Le travail de Lucie Niney peut être lu à travers trois grandes préoccupations : l’attention portée à l’existant, la qualité d’usage et la maîtrise de l’expression architecturale.
Réutiliser avant de reconstruire
La réhabilitation occupe une place importante dans les débats actuels sur la construction. Conserver un bâtiment peut permettre de limiter certaines démolitions, de réduire la demande en matériaux neufs et de préserver une mémoire urbaine.
Cette stratégie n’est toutefois pas automatiquement plus écologique dans toutes les situations. Son intérêt dépend de l’état du bâtiment, des travaux nécessaires, de ses performances futures et de la durée pendant laquelle il pourra être utilisé.
Le travail architectural consiste donc à évaluer les possibilités réelles de transformation, plutôt qu’à considérer systématiquement l’ancien comme un obstacle ou la construction neuve comme une solution idéale.
Concevoir pour les usages réels
Un espace réussi est un espace qui répond aux besoins de ceux qui le fréquentent. Cette évidence prend une dimension particulière dans les bâtiments publics et culturels, où les utilisateurs sont nombreux et leurs attentes différentes.
La largeur des passages, l’accessibilité, la lumière naturelle, les possibilités d’aménagement et le confort quotidien peuvent sembler secondaires sur une image de présentation. Ils déterminent pourtant une grande partie de l’expérience vécue.
L’attention portée à ces questions distingue une architecture pensée pour être habitée d’une architecture uniquement conçue pour être regardée.
Trouver la juste mesure
La sobriété formelle ne doit pas être confondue avec la simplicité technique. Un bâtiment qui semble évident peut être le résultat d’un travail complexe sur la structure, les détails et les contraintes du site.
Dans les projets de NeM, cette recherche d’une expression mesurée permet de donner une place importante aux matériaux et aux qualités propres des lieux. L’objectif n’est pas nécessairement de rendre l’architecture invisible, mais de faire en sorte que chaque intervention ait une raison d’être.
Lucie Niney et l’avenir de l’architecture française
Le parcours de Lucie Niney s’inscrit dans une période où la profession doit répondre à plusieurs défis simultanés : la transition écologique, la transformation des centres urbains, l’évolution des modes de vie et la nécessité de préserver le patrimoine.
Les architectes sont désormais amenés à réfléchir au cycle de vie des bâtiments, à leur adaptabilité et à leur capacité à accueillir de nouveaux usages. La réhabilitation, le réemploi des matériaux et la sobriété constructive font partie des pistes étudiées pour limiter les impacts de la construction.
Il ne suffit cependant pas de revendiquer une démarche responsable. Il faut examiner les choix effectués, leurs contraintes et leurs résultats. Une intervention pertinente dépend toujours du contexte : un logement, un musée et un bâtiment tertiaire ne présentent ni les mêmes besoins ni les mêmes possibilités de transformation.
L’intérêt du parcours de Lucie Niney réside précisément dans cette articulation entre les intentions et les réalités du projet. Les bâtiments existants ne sont pas seulement des témoins du passé ; ils constituent aussi des ressources pour les villes de demain.

Conclusion
Lucie Niney a construit son parcours autour d’une pratique de l’architecture qui associe exigence de conception, attention aux usages et intérêt pour les bâtiments existants. Avec Thibault Marca, elle a développé au sein de NeM une activité diversifiée, des logements aux équipements culturels, en passant par des projets de réhabilitation remarqués.
La transformation de la Bourse de Commerce reste une réalisation majeure pour comprendre son travail, mais elle ne résume pas l’ensemble de sa démarche. Le siège de WWF France, les projets culturels et les programmes résidentiels témoignent d’un champ d’intervention plus large.
À travers ces réalisations, une question revient : comment adapter les lieux aux besoins contemporains sans perdre ce qui fait leur singularité ? Cette interrogation dépasse le parcours d’une seule architecte. Elle touche à l’avenir des villes, à la gestion des ressources et à la place que nous accordons au patrimoine dans notre quotidien.
L’intérêt du travail de Lucie Niney tient ainsi moins à une signature spectaculaire qu’à une manière de penser la transformation architecturale : comprendre un lieu avant d’intervenir, privilégier les usages et rechercher une réponse juste aux contraintes du projet.
FAQ
Qui est Lucie Niney ?
Lucie Niney est une architecte française, née à Paris en 1982. Elle est notamment connue pour avoir cofondé l’agence NeM, ou Niney et Marca Architectes, avec Thibault Marca.
Quel est le métier de Lucie Niney ?
Elle exerce le métier d’architecte. Son activité comprend la conception de bâtiments, la réhabilitation, les logements, les équipements culturels et différents projets d’aménagement.
Quelle agence Lucie Niney a-t-elle fondée ?
Elle a fondé NeM avec Thibault Marca. L’agence intervient sur des commandes publiques et privées, avec une attention particulière aux usages, aux matériaux et à la transformation des lieux.
Quel est le lien entre Lucie Niney et la Bourse de Commerce ?
Lucie Niney et son agence ont participé à la transformation de la Bourse de Commerce de Paris en musée de la Collection Pinault, aux côtés de Tadao Ando, de l’agence Pierre-Antoine Gatier et d’autres intervenants.
Lucie Niney est-elle la sœur de Pierre Niney ?
Oui. Lucie Niney est la sœur aînée de l’acteur français Pierre Niney. Elle mène toutefois une carrière professionnelle distincte dans le domaine de l’architecture.
Quelles distinctions ont marqué son parcours ?
Parmi les étapes importantes figure la sélection de NeM aux Albums des jeunes architectes et paysagistes en 2014. Lucie Niney a également participé au commissariat du Pavillon français de la Biennale d’architecture de Venise en 2016.
Quelle est l’approche architecturale de Lucie Niney ?
Son travail au sein de NeM se caractérise notamment par une recherche de sobriété formelle, une attention aux matériaux, à la qualité des espaces et à la réutilisation des bâtiments existants lorsque le contexte s’y prête.
Où découvrir les réalisations de Lucie Niney ?
Les projets de l’agence NeM peuvent être explorés à travers son portfolio professionnel. Les présentations consacrées à la Bourse de Commerce et aux équipements culturels permettent également de comprendre les enjeux des opérations auxquelles l’agence a participé.
À lire aussi : Olivier Benkemoun fils
Thierry Simard est rédacteur chez JournalMint.fr. Passionné par l’actualité, les tendances et le partage de connaissances, il publie des articles clairs et accessibles sur des sujets variés, notamment le business, la technologie, le lifestyle, la culture et les innovations. Son objectif est d’offrir aux lecteurs un contenu fiable, informatif et agréable à lire.

